Inflation des diplômes : L’importance d’éclairer mieux les choix dès le collège
Comme le souligne l’éditorialiste Laurence Decreau, auteure de Tempête sur les représentations du travail : « La France a l’idolâtrie des diplômes. Être bachelier ou mourir (socialement) ».
Pourtant, posséder un diplôme ne garantit plus une insertion rapide, facile et rémunératrice. Beaucoup de jeunes poursuivent des études longues davantage par pression sociale ou mimétisme que par intérêt réel. Ce phénomène contribue directement à l’inflation des diplômes, les étudiants accumulant titres et années d’études pour se démarquer sur un marché du travail déjà compétitif. Face à des filières saturées et à une concurrence croissante, le programme Défi Jeunesse agit à la source et en faveur des jeunes les plus défavorisés face à l’orientation : informer dès le collège sur les différentes voies d’orientation possibles.
En 2020, 36 % des 25-34 ans détenaient un diplôme supérieur à bac +2, contre seulement 14 % des 55-64 ans (source : Insee). Cette élévation massive du niveau de diplôme ne se traduit pas systématiquement par une insertion réussie. Depuis vingt-cinq ans, le nombre d’actifs titulaires d’au moins un bac +3 a progressé de 16 %, tandis que les postes de cadres n’ont augmenté que de 6 % (Céreq). Le résultat est mécanique : plus de diplômés que d’emplois qualifiés, et donc une concurrence accrue.
Des milliers de jeunes choisissent encore « comme les copains » des cursus généralistes déjà saturés. D’après Parcoursup, en 2025, les BUT et BTS orientés commerce ont cumulé plus de 200 000 vœux, les licences économie et gestion 146 000, et les écoles de management 164 000, illustrant la concentration des choix et la pression sur certaines filières.
Pendant ce temps, de nombreux secteurs techniques, industriels, numériques, de santé ou liés à la transition énergétique, peinent à recruter. Le problème n’est donc pas le manque d’opportunités, mais le manque d’information et la stigmatisation de certaines filières professionnelles.
Ces dernières montrent pourtant de bons résultats. À l’origine, le baccalauréat professionnel devait valoriser le métier et le savoir-faire, mais il reste encore trop souvent perçu comme un choix par défaut ou subi. Selon la DEPP, 60 à 65 % des titulaires de CAP sont en emploi deux ans après la formation, avec des taux supérieurs à 70 % dans certaines spécialités techniques ou artisanales. Les BTS offrent également de solides débouchés : en 2023-2024, 65 % des apprentis en dernière année étaient en emploi six mois après la fin de leurs études (Éducation nationale). Mais ces opportunités restent largement méconnues des élèves et de leurs familles.
La question n’est donc pas d’opposer diplôme et métier, mais de redonner du sens à l’orientation. À travers Défi Jeunesse, Alliance pour l’éducation – United Way intervient dès la 6ème en REP et REP+ pour faire découvrir les métiers, détailler les parcours et permettre aux élèves d’échanger avec des professionnels.
L’objectif est de rendre les parcours clairs, de renforcer la confiance des jeunes et de les aider à choisir selon leurs compétences et leurs aspirations. Informer dès le collège élargit leurs perspectives et leur permet d’aborder l’avenir avec sérénité.
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