Interview collaborateur : Faustine Aury, Marraine FDJ auprès d’une classe de 4ème

Au collège Armande Béjart situé à Meudon (Hauts-de-Seine), Faustine Aury a rendez-vous avec « sa » classe de 4ème. Responsable de la communication de la Fondation FDJ , elle s’est engagée cette année en tant que marraine dans le cadre du programme Défi Jeunesse. Pour cette deuxième séance de l’année scolaire 2025-2026, elle retrouve les élèves pour travailler, en petits groupes, sur l’élaboration d’un projet.

Pourquoi avoir choisi de devenir marraine ?

À travers la fondation, je participe à des missions de bénévolat, pas seulement dans le cadre de mon travail, mais aussi par plaisir. Ce qui me motive particulièrement, c’est la transmission et le fait d’être au contact de jeunes en apprentissage.

Partenaire du programme depuis plusieurs années, la Fondation FDJ a souhaité aller plus loin. L’impulsion est venue de notre Déléguée générale, Isabelle Delaplace, avec l’envie de proposer aux équipes un engagement collectif en dehors du cadre habituel de travail. On a joint l’utile à l’agréable.

Vous intervenez auprès d’élèves de 4ème, un âge charnière. Qu’est-ce qui vous marque le plus ?

C’est un âge où la prise de parole est compliquée. Il y a la peur du jugement, « la honte » comme ils le disent si souvent, la crainte de ne pas être comme les autres. On sent qu’il ne faut surtout pas sortir du groupe : adopter les mêmes codes, s’habiller pareil, ne pas faire un pas de côté de peur d’être moqué.

La séparation entre filles et garçons est encore très marquée, les corps changent, les repères évoluent, c’est une période de transition.

Dans ce contexte, l’exercice du parrainage prend tout son sens. On leur demande de sortir de leur coquille. C’est stratégique à cet âge-là. Tout à l’heure, deux élèves me disaient : “Quand je me présente, il ne faut pas que je regarde ma copine sinon je vais éclater de rire.” Se détacher du regard de l’autre, c’est un vrai défi.

Comment s’est déroulée cette matinée de travail en groupe ?

Répartis en équipes pour imaginer et présenter un projet, les élèves ont montré un autre visage. En classe entière, les garçons font un peu le show et les filles osent moins émerger. En petit groupe, c’est différent. Après quelques minutes, elles prennent la parole, proposent des idées et s’impliquent vraiment.

Les deux jeunes filles avec qui j’ai travaillé ce matin m’ont impressionnée, elles étaient créatives et ouvertes aux idées de chacune et, à l’oral, elles se sont très bien débrouillées.

Qu’est-ce que cette expérience vous apporte personnellement ?

À la fondation, nous travaillons beaucoup sur les sujets d’éducation, d’insertion des jeunes ou de décrochage scolaire. Mais là, ce n’est plus théorique. On est sur le terrain, au contact direct des élèves. Cela donne du sens et de la vie à des thématiques que l’on aborde parfois à distance.

Le collège Armande Béjart est un établissement situé en zone prioritaire, pour vous cela signifie quoi ?

Ce que j’observe surtout c’est une vraie énergie et une cohésion de classe. Certains élèves sont plus effacés, d’autres non francophones, mais l’inclusion se fait naturellement.

Et puis il y a ces petits moments qui me font sourire. Dès qu’il faut réfléchir à un projet ou trouver une idée, ils finissent souvent par parler de nourriture, de vrais ados !  

À travers le programme Défi Jeunesse, les collaborateurs et collaboratrices peuvent s’engager en tant que parrains ou marraines pour accompagner une classe tout au long d’une année scolaire.

Un engagement concret, au plus près du terrain, qui permet de créer un lien durable avec les élèves, de favoriser leur confiance en eux et de contribuer, à son échelle, à l’égalité des chances.

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